Commercialisée depuis moins de 15 ans, l’e-cigarette est entrée dans les mœurs et s’est imposée comme une alternative au tabac. Où que l’on soit aujourd’hui, on peut trouver de quoi vapoter chez le buraliste, en boutique spécialisée ou sur Internet. Focus sur une nouvelle pratique qui a déjà convaincu plus de 3 millions de Français.


 

La cigarette 2.0

En l’an 2000, Hon Lik, un pharmacien chinois, enchaîne 60 cigarettes par jour et est sur le point de perdre son père, victime d’un cancer du poumon. Une nuit, pris d’une quinte de toux, il rêve qu’il se noie quand, soudain, les eaux se changent en vapeur et le libèrent. À son réveil, il tient une idée révolutionnaire : vaporiser la nicotine pour éviter la combustion du tabac et « fumer sans fumée ».

En 2003, il dépose le brevet d’un prototype muni d’une résistance et d’une batterie au lithium qui vaporise un liquide contenant de la nicotine et du propylène glycol. La cigarette électronique est née. Son succès, porté par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, est immédiat. Au début des années 1960, l’ingénieur américain Herbert A. Gilbert y avait déjà travaillé, mais les mentalités n’étaient pas mûres et son brevet ne fut jamais commercialisé. Cette fois, l’e-cigarette bénéficie d’un alignement parfait des planètes : un inventeur éclairé, une époque qui se régale d’innovation et un immense engouement du marché.

 

Une technologie est constante évolution

Les premiers modèles ressemblaient encore beaucoup à une cigarette conventionnelle, dans le format comme dans l’esthétique, avec leur batterie imprimée aux motifs du papier, leur cartouche orangée et une diode, au bout, rappelant la braise incandescente. Dotées d’une batterie à la capacité très limitée et souffrant de fuites, la bourre des cartouches nécessitant d’être très souvent alimentée en e-liquide, ces « cigalikes » ont rapidement cédé le pas à un modèle toujours populaire, de type eGo, rechargeable et nettement plus fiable. Ces cigarettes électroniques ont ensuite évolué vers ce qu’on appelle les « mods », des matériels personnalisables et programmables, dont les plus répandus sont les boxs. Aujourd’hui, on voit émerger des modèles compacts ultra-simplifiés et bon marché.

 

La meilleure alternative au tabac jamais inventée

Parce qu’elle vaporise la nicotine sans la brûler, l’e-cigarette écarte les risques liés au fait de fumer. Souvent diabolisée, la nicotine présente dans l’e-cigarette présente la même pureté que la nicotine pharmaceutique qu’on trouve dans les patchs ou les gommes à mâcher, et permet de lâcher prise sans danger. Avec, en plus, le plaisir de varier les saveurs et de conserver le geste de fumeur. Inhalation directe, indirecte, vapeur chaude ou froide, discrète ou particulièrement abondante, cartouches à clipser ou à recharger, vapoter est un acte convivial et esthétique. Un véritable voyage accessible à tous, puisqu’on peut consommer des liquides sans nicotine !

 

Une pratique réglementée…

Très tôt, en France, les professionnels du secteur se sont organisés pour définir normes, labels, certifications et réglementations, contribuant ainsi à l’émergence de savoir-faire contrôlés et sécurisés. Depuis 2016, l’e-cigarette est, en Europe, associée aux produits du tabac, mais elle n’en contient pas : la nicotine n’entretient en effet pas d’autre rapport avec la plante que le fait d’être extraite de ses feuilles. Tous les e-liquides doivent être notifiés avant d’être commercialisés, et donc répondre à un certain nombre de critères de qualité (pureté des composants, fabrication sécurisée, étiquetage, etc.). Les matériels aussi sont soumis aux normes européennes de qualité et de sécurité.

 

… et autorisée !

  1. L’information mérite d’être répandue et répétée : depuis le décret d’application de la loi Santé en mai 2017 (art. L3513-6), la cigarette électronique est autorisée dans tous les lieux publics, à l’exception des transports collectifs fermés, des espaces de travail couverts à usage collectif et recevant des postes de travail, et des établissements scolaires ou accueillant des mineurs. Vous avez donc le droit, à condition que le règlement de l’établissement l’autorise et que vos voisins soient d’accord, de vapoter au restaurant ou au café ! Au boulot, si vous travaillez seul dans un espace fermé, ou encore à la cafétéria, à la machine à café ou dans les couloirs, c’est parfaitement autorisé.